Sabtu, 08 Februari 2020

Histoire d'un Allemand (Un endroit où aller)

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Histoire d'un Allemand (Un endroit où aller) Details

Rédigée en 1939 et publiée à titre posthume en 2000, cette chronique saisissante de l'instauration du nazisme s'est enrichie de cinq chapitres inédits retrouvés en 2002. Le talent d'un historien au service d'une indignation lucide. Plus de 500 000 exemplaires vendus en Allemagne.

Reviews

Ecrit en 1939, le témoignage de Sebastian Haffner est un remarquable récit autobiographique qui nous emmène de l'été 1914 à l'automne 1933. Avec clarté et un grand sens de la narration, souvent avec ironie, l'écrivain allemand dépeint l'ambiance du Berlin de ces années et nous offre quelques descriptions saisissantes.Mais surtout, il traque et révèle les "racines psychologiques et politiques du nazisme" : la Première Guerre mondiale, la contre-révolution, l'hyperinflation, la plongée dans la dictature à partir du printemps 1930 et la quasi-guerre civile qui l'accompagne.Il analyse encore les étapes de l'établissement de la dictature hitlérienne : la labilité du discours hitlérien et la complaisance générale à l'égard des nazis, l'indifférence face aux privations des libertés individuelles après l'incendie du Reichstag, la terreur, la mise en spectacle de la "révolution nazie" au moyen de défilés et de discours, la "rééducation" de la population de façon à créer une communauté organique (la "camaraderie")...Parmi tant de passages clairvoyants et lumineux, on relèvera tout particulièrement celui-ci : "Il était frappant de voir la camaraderie décomposer activement tous les éléments d??individualité et de civilisation. Le premier domaine de la vie individuelle qui ne se laisse pas si facilement réduire à la camaraderie, c??est l??amour. Or, la camaraderie dispose contre lui d??une arme : l??obscénité. Chaque soir, au lit, après la dernière ronde, on lâchait des obscénités, c??était une sorte de rituel. Cela figure inévitablement au programme de toute communauté masculine. Et rien n??est plus aberrant que l??opinion de certains auteurs qui y voient un exutoire pour la sexualité frustrée, une compensation et je ne sais quoi encore. Loin de susciter désir et plaisir, ces obscénités visaient à rendre l??amour aussi repoussant que possible, à le rapprocher des fonctions digestives, à en faire un objet de dérision. Ces hommes qui débitaient des blagues de rouliers, usant de termes grossiers pour désigner certaines parties du corps féminin, niaient par là même qu??ils eussent jamais été tendres, amoureux, fervents ; qu??ils se fussent jamais montrés sous un jour aimable et flatteur ; que ces mêmes parties leur eussent jamais inspiré des mots très doux? Ils étaient virilement très au-dessus de ces fadaises de la civilisation."

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