Kamis, 06 Februari 2020

Raga. Approche du continent invisible

Category: Livres,Tourisme et voyages,Récits de voyages

Raga. Approche du continent invisible Details

L'Océanie, c'est le continent invisible. Invisible, parce que les voyageurs qui s'y sont aventurés la première fois ne l'ont pas aperçue, et parce qu'elle reste un lieu sans reconnaissance internationale, un passage, une absence en quelque sorte. Lorsque sur l'immensité des océans sera restaurée la liberté, alors recommencera à exister ce continent, qui n'était invisible que parce que nous étions aveugles. J.M.G. Le Clézio, né à Nice en 1940, est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages – romans, récits, nouvelles et essais. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 2008. " Le chant de J.M.G Le Clézio mêle dans les eaux de Raga le souvenir et l'espérance, avec une fraîcheur singulière, qui est celle des éternels commencements. " Daniel Rondeau, L'Express

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Raga ou Approche du continent invisible./J.M.G. Le Clezio Pour qui a eu la chance de parcourir l'archipel du Vanuatu (anciennement Condominium des Nouvelles Hébrides), ce récit est un condensé de toutes ces impressions qui vous saisissent en abordant ces iles sombres. J'ai encore en mémoire mon arrivée en voilier sur la côte orientale de l'île de Pentecôte(Raga), un beau matin ensoleillé de 1995 : j'ai eu le sentiment d'aborder un monde qui venait d'être créé, encore brut de coffrage en quelque sorte et l'image de la végétation côtière ruisselante de lumière m'a aussitôt fait penser aux premières images du film « 1492 » lors de l'arrivée première des caravelles de Colomb en Amérique. Même sentiment en approchant d'Erromango en 1981 et surtout de Tanna avec son volcan Yasur en perpétuelle activité. Il est vrai que ces lieux se situent aujourd'hui à l'écart des axes majeurs et que cette région océanienne « reste un lieu sans reconnaissance internationale, un passage, une absence en quelque sorte » comme l'écrit Le Clézio. Qui connaît la langue bislama ou bichlamar) ? C'est la langue officielle du Vanuatu. Qui sait ce qu'est la « kastom » la tradition) ? Cette coutume qui régit tous les échanges et la vie quotidienne dans la Mélanésie. Qui connaît l'histoire tragique de l'esclavage et de la colonisation dans cette région ? Tous ces thèmes sont abordés avec poésie et érudition, sensibilité et délicatesse par l'auteur. Ainsi que la place du cochon et du kava dans la culture de ces peuples. Et le rôle des langues vernaculaires insulaires. Les lignes se suivent telles une mélopée, un chant de retour aux sources. De Pentecôte à Tanna, en passant par Erromango, Espiritu Santo et Ambrym, j'ai ressenti cette même impression d'îles sombres, sauvages, presque tristes, comme à peine sorties de la mer à titre provisoire , prêtes à y replonger comme cela s'est déjà produit. Le récit de Le Clézio est magnifique et ne pourra que passionner tous les amateurs de découvertes de contrées hors des sentiers battus. Toutefois, était-il dans le cadre de ce récit, utile d'évoquer de façon partisane la tragédie d'Ouvéa ? L'idéalisme foncier de l'auteur transparaît à chaque page et m'a souvent séduit. Dans un dernier chapitre admirable, l'auteur rend hommage aux découvreurs amoureux de la Mélanésie. J'ajouterai à sa liste les noms de May et Henri Larsen (La brousse maléfique qui ont séjourné à Ambrym, et de Louis Nedjar (Peuples oubliés des Nouvelles Hébrides qui dans les années 69 à 73 a sillonné les Nouvelles Hébrides en découvrant l'existence harmonieuse rythmée par les saisons et les cycles agraires de ces populations , et rendit hommage à ces hommes de la coutume.Le Clezio conclut en élargissant sa réflexion aux peuples insulaires du Pacifique en général en évoquant « cet ancien continent qui n'était invisible que parce que nous étions aveugles' » Sublime .

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